Un parcours atypique

Une histoire que je n’aurais jamais cru vivre, et encore moins qu’elle me mènerait jusqu’à vous.

« On ne peut pas emmener quelqu'un sur un chemin que l'on n'a pas parcouru soi-même. »
Portrait de Jessica Derzelle
MON ENFANCE

Mon enfance

J’ai grandi avec un père alcoolique et violent, dans un climat familial marqué par l’insécurité, la jalousie et le contrôle qu’il exerçait sur ma maman.

Je venais d’avoir douze ans lorsqu’elle est décédée d’une hémorragie cérébrale, à la suite d’un geste violent de sa part.

Cette perte a fait naître en moi une immense colère envers mon père, qui s’est progressivement étendue aux hommes en général.

Pendant longtemps, cette colère et cette méfiance ont façonné mon regard sur les hommes, mais aussi ma manière d’aimer et de vivre mes relations amoureuses, sans même que j’en aie conscience.

MA PROFESSION

Ma profession d’ergothérapeute

Ma profession d’ergothérapeute m’a appris à considérer chaque personne dans sa globalité. À ne pas m’arrêter à une difficulté, une maladie ou un handicap, mais à m’intéresser à tout ce qui fait une personne : son histoire, ses habitudes de vie, sa profession, son environnement familial et ses relations.

Au cours de ma carrière, j’ai accompagné aussi bien des adultes que des enfants. Ces expériences m’ont permis d’observer combien les relations humaines occupent une place importante dans nos vies, qu’il s’agisse des relations de couple, des liens entre parents et enfants ou des dynamiques familiales.

« Comment remettre en question un programme que l’on exécute depuis l’enfance, lorsqu’on ignore même qu’il existe ? »

J’ai notamment pu observer à quel point notre environnement familial et affectif influence notre développement et notre manière d’entrer en relation avec les autres, dès notre plus jeune âge et tout au long de notre vie.

Ce que nous vivons durant l’enfance contribue à façonner notre manière d’être. Certaines expériences laissent des traces et influencent, bien souvent sans que nous en ayons conscience, notre façon d’aimer, de réagir ou de nous protéger.

Nous pensons que nos réactions font simplement partie de notre caractère. Pourtant, elles sont essentiellement le résultat de comportements appris, de conditionnements ou de blessures émotionnelles dont nous n’avons pas conscience.

Et tant que nous ne comprenons pas ce qui influence nos réactions, nous risquons de reproduire les mêmes schémas, y compris dans nos relations amoureuses.

Cette manière d’observer et de comprendre l’être humain, au-delà de ses difficultés apparentes, a profondément façonné mon regard sur les relations humaines.

MON CHEMINEMENT

Mes relations et mon cheminement personnel

Pendant longtemps, j’ai vécu mes relations amoureuses en essayant d’occuper la place que je pensais devoir tenir en tant que femme. Je voulais aimer, construire une relation, partager une vie à deux. Mais avec le recul, j’ai compris que derrière ce désir se cachait aussi un besoin immense d’être aimée.

J’ai parfois accepté des situations qui me faisaient souffrir, des relations dans lesquelles je ne me sentais pas pleinement choisie, où je mettais mes propres besoins de côté par peur de perdre l’autre.

« Avec le recul, je réalise que j’ai longtemps eu plus peur de perdre l’autre que de me perdre moi-même. »

Et pourtant, je pensais sincèrement être amoureuse.

C’est au cours de l’une de ces relations, particulièrement douloureuse, que j’ai commencé à me poser des questions que je ne m’étais jamais réellement posées.

Pourquoi mes relations ne fonctionnaient-elles pas, alors que je désirais si profondément aimer et être aimée ? Pourquoi, malgré mes intentions sincères, retrouvais-je cette même souffrance ?

J’ai alors compris une chose : je ne pouvais pas changer l’autre. Mais je pouvais chercher à comprendre ce qui se jouait en moi.

C’est ainsi qu’a commencé mon cheminement personnel et spirituel. Un travail qui m’a progressivement amenée à revisiter mon histoire, mes blessures, mes croyances et les rôles que j’avais appris à jouer, parfois sans même en avoir conscience.

Au fil de ce cheminement, j’ai commencé à regarder cette relation autrement. À prendre conscience de ce que j’acceptais, de ce que je taisais et de la place que je m’accordais réellement.

J’ai longtemps espéré que les choses changeraient. Mais j’ai fini par comprendre que, malgré l’amour que je pouvais ressentir, je ne pouvais pas continuer à m’oublier dans cette relation.

J’ai alors pris la décision d’y mettre un terme.

« J’ai quitté cette relation lorsque la douleur d’y rester est devenue plus grande que celle de partir. »

Ce cheminement ne s’est pas arrêté avec cette séparation. Il se poursuit encore aujourd’hui.

Parce que je ne crois pas qu’il existe un moment où l’on peut se dire que l’on a tout compris de soi. La vie continue de nous confronter à nos contradictions, à nos peurs et à de nouvelles prises de conscience.

Et peut-être que mieux se connaître, ce n’est pas atteindre une version définitive de soi-même, mais apprendre, tout au long de sa vie, à se regarder avec davantage de lucidité et d’alignement.

UNE EXPÉRIENCE INATTENDUE

Une expérience inattendue avec les hommes

À l’époque, je travaillais à temps plein comme ergothérapeute, tout en exerçant également dans un cabinet privé en tant qu’indépendante. J’élevais seule mes deux filles et, malgré ces deux activités professionnelles, les difficultés financières faisaient partie de mon quotidien.

Un jour, une amie m’a parlé des plateformes privées, un univers dont j’ignorais jusque-là l’existence. Je n’aurais jamais imaginé un jour me lancer dans la création de contenu pour adultes. Pourtant, face à des difficultés financières qui persistaient et sans entrevoir d’autre solution, l’idée a progressivement fait son chemin, jusqu’à ce que je décide de franchir le pas.

Je pensais y rencontrer essentiellement des hommes à la recherche de sexualité. Et si certains venaient effectivement pour cela, j’ai rapidement découvert une réalité bien plus complexe.

Au fil des échanges, j’ai rencontré de nombreux hommes profondément seuls, tristes, parfois désabusés par leurs expériences amoureuses. Certains cherchaient simplement à échanger, à se sentir écoutés, à retrouver une forme de complicité ou de proximité avec une femme.

Et je me suis demandé si, derrière la recherche de sexualité de certains d’entre eux, ne se cachait pas aussi un besoin affectif dont ils n’avaient pas toujours conscience.

« On parle beaucoup de misère sexuelle chez les hommes. Mais derrière celle-ci, j’ai aussi découvert une misère affective dont on parle beaucoup moins. »
LA RAISON DE MON ENGAGEMENT

Pourquoi j’accompagne les hommes

Pendant longtemps, j’ai regardé les hommes à travers le prisme de mes propres blessures. J’ai connu la peur, la colère, la méfiance, mais aussi ce désir profond d’aimer et d’être aimée, sans toujours comprendre pourquoi l’amour pouvait faire autant souffrir.

Mon parcours personnel, ma profession d’ergothérapeute et les rencontres inattendues que j’ai faites m’ont progressivement amenée à voir les relations humaines avec davantage de nuances.

J’ai compris qu’il était possible de souffrir profondément tout en faisant souffrir l’autre. Que derrière certains comportements pouvaient se cacher des peurs, des blessures, des croyances et des façons de se protéger que l’on avait parfois apprises bien avant de les comprendre.

Et surtout, j’ai rencontré des hommes qui, malgré leur désir d’aimer et d’être aimés, ne savaient plus comment trouver leur place dans une relation.

Des hommes qui se sentent rejetés, qui doutent de leur valeur, qui ont peur de ne jamais être suffisamment bien. D’autres qui se protègent derrière l’indifférence, la colère ou le besoin de tout contrôler, alors qu’au fond, ils aspirent eux aussi à une relation dans laquelle ils pourraient simplement être eux-mêmes.

C’est à ces hommes que j’ai aujourd’hui envie de m’adresser.

Non pas pour leur apprendre à séduire, à correspondre aux attentes des femmes ou à devenir une meilleure version d’eux-mêmes selon des critères imposés.

Mais pour leur offrir un espace où ils peuvent déposer ce qu’ils vivent, comprendre ce qui se répète dans leurs relations, questionner ce qu’ils ont appris à croire sur eux-mêmes, sur les femmes et sur l’amour.

Parce que mieux se comprendre, c’est aussi se donner la possibilité d’entrer autrement en relation avec l’autre. D’oser se montrer tel que l’on est, de retrouver une forme de confiance et de construire des liens plus sincères, sans avoir à jouer un rôle pour se sentir aimé.

C’est cette possibilité de renouer avec soi-même, mais aussi avec les femmes, que je souhaite leur permettre d’explorer à travers mon accompagnement.

« Le plus grand changement n’est peut-être pas de devenir quelqu’un d’autre, mais d’oser retirer les masques derrière lesquels on se cache, pour découvrir qui l’on est vraiment. »
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